01 août 2008

Casual friday

La première partie de l'expérience kirghize est sur la fin. Lundi, dernier jour de boulot à la délégation avant de partir un peu plus ou un peu plus loin à la découverte du pays. Je me dis que enfin, je pourrai répondre par l'affirmative à la sempiternelle et première question des chauffeurs de taxi et d'ailleurs de tout Kirghize: Es-tu déjà allé à Issyk-Kul?

Solenne arrive demain à Almaty. Après avoir d'abord pensé passer la nuit au Kazakhstan, on a finalement décidé de revenir directement à Bichkek après son arrivée. Journée de voiture en perspective donc. Avec les 45 degrés qu'il fait à Bichkek depuis 3-4 jours, j'ai craqué et opté pour la solution luxe du taxi climatisé jusqu'à la capitale kazakhe. Je ne sais pas encore exactement où nous irons avec Solenne. Sans doute Issyk-Kul, Sng-Kul et peut-être Osh si le temps et le climat le permettent. Le fil conducteur de ces vacances s'annonce comme une fuite de la chaleur. Et dire qu'on m'avait dit qu'il faisait bon au Kirghizstan en été.

La journée d'hier était consacrée à la visite de Mr Human Rights de la Commission. Il venait pour expliquer aux Kirghizes le principe du dialogue européen sur les droits de l'homme. Les Kirghizes ont donné leur accord; après avoir indiqué qu'ils comprenaient quand même moyen l'intérêt d'avoir encore de nouvelles réunions sur cette question alors que les autres acteurs internationaux en développent déjà un bon paquet. Mais bon, le Kirghize est conciliant. Il a dit oui sans doute un peu plus par politesse que par conviction. Ca suffit à Bruxelles pour conclure à un succès de cette visite. Plusieurs réunions étaient aussi prévues avec des ONG et l'Ombudsman kirghize. J'aime bien cet Ombudsman, super friendly, lui aussi dit oui à tout, même si au fond, l'institution vivote et se débrouille plus par des contacts persos que par une action efficace et systématique. On avait rendez-vous à 15h30. On a malgré tout attendu 10mn devant la porte qui, une fois ouverte, nous laisse voir son bureau au milieu duquel trône une télé qui diffusait la fin du flic de Beverly Hills. Sans doute qu'il a dû être déçu, le Tursunbek, de ne pas avoir eu le temps de regarder jusqu'à la fin ce chef-d'œuvre du 7eme art. Il nous dira qu'il aime pas les papiers et qu'il a tout dans la tête. C'est vrai; c'est pas comme si s'occuper des violations de droits de l'homme pour un pays de 5 millions d'habitants nécessitait une logistique efficace. Son speech était parfait: good governance, transparency et efficiency se retrouvaient à chacune de ses phrases. Un peu plus tard, à une réception organisée chez le Chargé d'Affaires, j'apprendrai que son fils travaille avec lui, sans réelle affectation autre que bodyguard (le mec est mis comme une crevette kirghize et a à tout casser 17 ans).

Après une journée de discours ultra-calibrés, franchement envie de parler et d'entendre parler normalement. Je rencontre et dîne avec Pierre et Michel, deux Français qui reviennent de leur ascension (avortée) du Pic Lénine. J'ai droit aux détails de l'expédition, la taille des crevasses et les séracs qui s'écrasent à côté du camp de base. Tout cela me marque moins que le nom de cette montagne, voisine du Pic Victoire et du Pic Communisme. Pierre a un T-shirt "Peak Lenin". Je trouve ça marrant que Vladimir se retrouve là, sur un T-shirt vendue par une boîte de tourisme kirghize spécialisée dans l'alpinisme pour Occidentaux. Le chauffeur de taxi du retour en nous entendant parler Français se rappelle son séjour à Rouen en 2003. Clandestin, il a travaillé 3 mois dans une fête foraine avant de se faire expulser. Il me dit que c'était juste parce qu'il avait perdu son passeport. Pas de bol quand même. Il me dit qu'il faut vraiment être stupide pour revenir à Bishkek après avoir connu la France. Je tente un "ton pays, il est joli quand même".

C'est ce qu'on dit, qu'il me dit.

30 juillet 2008

A Bishkek, j'ai croisé un peu de tout.

Des couples kirghizes qui passent des après-midi à s'embrasser.

Une jeunesse dorée abreuvée de 4x4, vodka et Fanta.

Des lutteurs qui ont loupé la qualification olympique à un combat près.
Des ramasseurs d'herbe.

Des maçons qui pour accélérer le déchargement d'un camion plein de briques, ont décidé d'incliner le camion en le soulevant avec une grue. Le camion était maintenu par un petit crochet en ferraille. Le crochet a cédé sous le poids. Le camion s'est cassé.

Des GI américains de la base voisine de Manas, pleins de ventre, de shorts et de cheveux rasés.

Des Européens en voyage, traversant l'Asie avec des moyens de transport toujours plus innovants; de la camionnette Peugeot de 1984, au vélo en passant par l'autobus et la moto des années 1930.

Des expatriés, accompagnés de leur fidèle 4x4 (siglé au nom de l'organisation cette fois) et d'un réservoir de cartes de visite à même d'abreuver tous les écureuils d'Ala-Archa.

Le week-end, sans se le dire mais tout en le sachant, tout ce petit monde quitte Bishkek pour se balader dans les montagnes environnantes. Notamment à Ala-Archa, réserve naturelle à 40mn au Sud de Bishkek. Chaque groupe a son propre planning. Les Kirghizes, c'est plutôt barbecue et radio. Les Occidentaux, suréquipés, North Face et chaussures de rando. Quelques Indiens étaient là aussi à attendre on ne sait quoi. En tous cas, ils rigolaient beaucoup (je les soupçonne d'avoir participé à l'exposition indienne totalement déprimante du palais des sports). Le chauffeur de taxi, russe, qui nous avait emmené là est quant à lui resté dans sa voiture les 4h où l'on s'est baladés. Il a malgré tout dit à la fin de la journée qu'il était content de son après-midi. Comme quoi.

23 juillet 2008

rabota

Petit à petit, je parviens à mieux cerner mon boulot ici et deviens de plus en plus efficace dans l'écriture de notes/rapports destinés à "alimenter la réflexion stratégique à Bruxelles" (sic). Plus j'en écris (j'arrive presque au quota de 2 par jour) plus je doute de l'efficacité de tout cela. D'un côté, les rapports sont ostensiblement critiques sur les restrictions apportées aux droits de l'homme. Le moindre écart concernant la liberté religieuse, de la presse, d'association est scrupuleusement noté et dénoncé. D'un autre côté, les programmes de développement suivent leur cours sans être trop influencés par tout cela. Si l'on ajoute à cet éclatement des positions, les stratégies des Etats-membres qui s'accrochent à leur sacrosaint "intérêt stratégique", on obtient un résultat des plus confus, dispersé et des moins lisibles. Jusqu'à provoquer des questions comme celles qui proviennent de l'appareil présidentiel: "les Etats-Unis font-ils partie de l'Union Européenne?".

Parallèlement au boulot à la délégation, je réalise quelques entretiens avec les bailleurs représentés ici, quelques ONG et diplomates. Il y a quelques jours, une rencontre avec un responsable de l'OSCE m'a fait de manière plutôt inattendue une très bonne impression. Il connaissait vraiment la région pour y travailler depuis maintenant près de 4 ans et parvenait à avoir un discours étonnamment critique et distancé sur les évolutions du pays, sa propre action et la confusion des politiques poursuivies par les acteurs internationaux. Je dois avouer que ça m'a plutôt reboosté pour les semaines qui me restent ici.

Etudier l'efficacité de l'aide internationale au Kirghizstan, le développement des ONG et la politique des bailleurs semble être un sujet des plus à la mode ici. J'ai rencontré plusieurs doctorants qui s'intéressaient à la question; ce qui n'a pas été sans me faire initialement flipper quant aux ouvertures que me laissent mon sujet de thèse. Je maintiens néanmoins que le terme même de "société civile" n'est quasiment jamais abordée par toutes les études que j'ai pu consulter. Alors oui, bien sûr, on dit que les ONG se développent, que les organisations de société civile prolifèrent et que l'activisme civique est en pleine croissance. Mais rien sur ce que ça veut dire que de dire cela. Rien sur ce que dire que "la société civile se développe" veut dire. On dirait une sorte de point aveugle dont l'opacité arrange tout le monde. "Si on se met à débattre du sens de la société civile, on n'est pas prêt d'agir".

Le chef de délégation vient de me demander pour le 4eme fois jusqu'à quand je restais ici. Je pourrais me dire qu'il y a comme un manque de communication dans les bureaux. Pourtant, je n'arrive pas à lui en vouloir. Est-ce encore l'effet écrevisses? Le fait qu'il est la seule personne au monde que je connais à employer le verbe "to skyrocket"? Qu'il m'épate avec ses chemises griffées à ses initiales (sauf celle de la même couleur que son parasol, faut quand même pas exagérer)?

Un collègue vient de passer. Me voyant dans un nouveau bureau, il me lâche un "tu as des super conditions de boulot. Nouveau bureau tous les matins!" – Bon, alors là tu te dis que c'est pas grave de pas être drôle qu'il fait de son mieux et que tout cela n'est qu'affaire d'habitude. Mais le bougre, il enchaîne: "j'aimerais avoir les mêmes conditions de boulot que toi. Vraiment." – Alors, là, quand même faut pas exagérer. Je sais, vous vous dites que c'est surtout une plaisanterie. Rien de sérieux ici. Ouais. N'empêche. C'est bien la première fois que je vois un gars envier la position de stagiaire. Je lui réponds que pas de problème pour échanger. Que perso, pas d'objection à cela. Et puis je me reprends. Non, en fait non. Il a raison. Je préfère le rôle du doctorant chiant qui va se faire un plaisir de critiquer tout cela. Le gaspillage de blé, la bureaucratie omniprésente, les incohérences de l'administration et l'opacité des stratégies. On me dit c'est simple pour moi de ne pas se mouiller en restant extérieur. Oui. Sans doute.

N'empêche.
Je préfère.

21 juillet 2008

On m’avait prévenu pourtant.

Rest on Saturday. We will have a sociable Sunday.


My god.

Forcément, du coup, le samedi, tu cogites. Tu te dis, qu’est-ce que ça va bien être encore que ce truc. Rendez-vous le dimanche matin à 9h. Bon, c’est tôt, mais vu que les chiens d’en bas ne se lassent pas d’aboyer à partir de 6h, ça m’allait.

Le programme n’était pas des plus allégés. 10h-Brunch chez M et Mme UNICEF. Dans leur appart’. On arrive à 10h. Manque de bol, Taru s’était plantée dans le programme ; l’invitation était à 11h. On est donc un peu comme des cons à découper des pastèques pour faire bonne figure en attendant les autres invités. Taru se révèle super investie dans la décoration des plats. J’ai-je pense- jamais reçu autant de directives pour couper une pastèque ou des tranches de pain de ma vie. Au bout de 20 minutes d’instructions sur comment couper le pain, je suis passablement saoûlé et me trouve un camarade de socialisation qui s’avère apprendre le Français. Me voilà parti pour 1 heure de « La Tour Eiffel est le ciel », « J’enlève mes études à Bishkek pour Paris ». Sourires complaisants. Je le félicite pour son Français mais rapidement je flippe. Le choix semble être assez simple : une chef cuistot tyrannique ou un étudiant francophone incompréhensible.

Je vais aux toilettes.

Quand je reviens, un cercle s’est formé. Une vingtaine de personnes assises autour de nos hôtes Mr et Ms Unicef. Et là, j’apprends que ce brunch est organisé à l'occasion de leurs 28 ans de mariage. Les invités kirghizes lisent des poèmes que personne ne comprend et s’en suit une discussion improbable à base de Cher Tim, faites-nous partager votre expérience. Pas de secrets divulgués mais ce cher Tim diffuse sur sa chaîne hi-fi une musique kitch à pleurer qu’il avait diffusée lors de son mariage. Une histoire de rose cul-cul à rêver immediatement d'un morceau de Marylin Manson. Le sérieux de l’auditoire me donne la chair de poule.

Je reprends de la salade de fruits.

Pas le temps de s’attarder plus longtemps ; un barbecue nous attend chez Tapio, un Finlandais qui bosse pour un projet USAID sur les douanes et la création d’un marché commun centrasiatique (juste pour info, les Ouzbeks et Kirghizes se mettent copieusement sur la tronche à la frontière à la moindre occasion mais bon, marché commun c’est sexy et ça plaît aux bailleurs de fonds). Une baraque incroyable. On se croirait dans une série US. Des enfants dans la piscine et des américains avec des tronches de barbouzes chaussées de Ray-Ban défilent pour recouvrir leurs brochettes de ketchup (importé). Assez vite, j’arrive à la fin de mon stock de banalités. Paris, le temps, Bishkek, les montagnes ça tient 1 heure, mais au-delà… La conversation s’engage donc et là, je ne sais pas si c’est le soleil, l’ennui qui commençait à s’installer ou le dry martini que je me suis enfilé à 13h qui jouent mais je pars dans une grande tirade sur la succession des projets d’alliance régionale qui ont tous avortés depuis 10 ans, de la maigreur des exportations kirghizes, des enjeux énergétiques… Enfin, tout un speech pour essayer de voir ce qui leur plaît tant dans la création d’un marché commun régional et qui leur permettrait de penser que ça marchera. Réponse implacable:It would make them to comply with the WTO provisions. Ah ben alors, si l’OMC est content…

Plus je vois des projets ici, plus ce qui me frappe est leur similitude avec les institutions soviétiques. Sous l’URSS aussi, on échangeait librement (à l’intérieur de l’Union, certes): chaque pays se spécialisait dans une production et exportait à ses voisins. Je ne peux m’empêcher de me dire que ce qui a causé la fin de l’URSS et embourbé tous ces pays d’Asie centrale dans la crise économique et sociale que l’on connaît est en train d’être reproduit. Inciter les Ouzbeks à vendre leur coton aux Kirghizes qui distribuerait dans un marché transparent et efficace son eau et électricité. Rêver d’un marché centrasiatique –j’en suis assez sûr- est à peu près aussi réaliste que le transfert de Samuel Eto au Kuruvshi Tashkent.

Pour l’un comme pour l’autre, certains disent malgré tout que sur un malentendu…

Bishkek






ça ressemble à ça

17 juillet 2008

Joyeux anniversaire

C'est aujourd'hui l'anniversaire de Solenne.
Alors, tous en coeur: Joyeux anniversaire, Solenne!


... Celui qui reste muet est condamné à manger tout seul ce beau gâteau...

14 juillet 2008

Ekrevisssssssssssss

Dimanche après-midi, il y a eu une petite tempête sur Bichkek. Rapidement, le vent s’est levé, le ciel assombri, chargé de poussière et de nuages. Il était 15h ou 16h. Cela n’a pas duré longtemps mais était plutôt impressionnant. Du balcon, j’ai regardé les cimes des nombreux arbres de la ville se plier. J’apercevais, un peu plus loin, des ouvriers en plein chantier, en hauteur, sur des échafaudages précaires. Ils n’ont pas arrêté le travail. Moi, je suis resté là à regarder cette ambiance de renouveau, de vent qui allait comme laver la ville. Ca mettait fin à un week-end citadin où j’ai pas mal marché dans la ville, toujours surpris par ce lent renouvellement et réappropriation des anciens symboles soviétiques par les autorités kirghizes d'aujourd'hui.

Tout cela avait commencé par des écrevisses.
Vendredi soir, j’étais invité avec Anna, chez le chargé d’affaires pour un dîner. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’il me parlait d’écrevisses kirghizes. Ce à quoi je répondais normalement par un sourire mi-curieux, mi-dubitatif. J’essayais de me souvenir mais non, je crois bien ne pas en avoir mangé jusque-là, d’écrevisses. En tous cas, lui, il adorait répéter ce mot en Français : « Ekrevisssssss ». A chaque fois, en guise de réponse je lui souriais comme à un enfant de 4 ans qui parvient à rentrer la grosse clé dans son jouet d'éveil fisherprice : « oui ! écrevisses ! ».

Le dîner était fixé à 19h. Cool, je me disais, commencé tôt. Fini tôt. Tu parles.

On arrive avec Anna, tous deux tout joli et bien habillé. Il avait bien dit que cela serait « more than informal », mais après mon premier jour ici tout dégueu et pas rasé, je me suis dit qu’il fallait sans doute mieux inverser la tendance et jouer la carte trop chic plutôt que trop crade. Chemise blanche, pantalon de costard, brushing tout frais de la semaine dernière. La porte s’ouvre et l’autre, le chargé d’affaires tout soigné au bureau, se paye une chemine genre hawaïenne dégottée chez Sympa boulevard Barbés pour moins de 1 euro. Bleu ciel avec des zébrures blanches. Je me fends d’un compliment. « Votre chemise est assortie au parasol, bien joué ». Et là, je me dis que vraiment, non, c’était pas possible de trouver un truc plus con à dire. J'aurais pu trouvé d'autres trucs, pourtant: belle maison, sympa comme invitation, belle vue sur les montagnes, heureux d'être ici. Mais non, moi, ce que je lui dis c'est votre chemise est de la même couleur que le parasol. Expérience diplomatique ou pas, il n’a pas semblé décontenancé outre mesure et me répond tout naturellement : « oui, ce sont des nouveaux parasols qu’on a trouvé à Och Bazar ». Là, plus rien à dire, c’est sûr.

J’assiste, un peu mal à l’aise, à la séance d’ébouillantage de ces pauvres petites écrevisses qui jusque-là, glandaient peinard dans un seau qui trônait au milieu de la cuisine. Le dîner aura lieu à l’extérieur, juste à côté de leur belle piscine et de leur encore plus ravissante sculpture de deux dauphins complètement abrutis qui surplombe majestueusement le bassin. Sur l’invitation de mes hôtes, j’enchaîne (un peu trop sans doute) les verres de bourgogne aligoté. Je me dis aussi que l’alcool aidant, je trouverai plus facilement un truc à dire et si possible parviendrai à m'abstenir de toute comparaison entre mes hôtes et des éléments de leur décoration. Parce que c’est pas tout ça que d’éclater une à une les carapaces des écrevisses mais il faut aussi faire un peu de socializing. Je suis là pour ça finalement. Les verres se succèdent et peu à peu je parviens à m’intégrer à une discussion tout à fait improbable sur les bonnes caves de Riesling, de cigares, les hôtels relais et châteaux de la vallée de la Loire et le fait que Bocuse, c’est un peu dépassé aujourd’hui. Enfin, que des sujets sur lesquels j’ai des avis très aboutis et des connaissances imbattables. Au début, je joue la carte de la sincérité. Aux caves de Riesling, je réponds que j’ai fait mes études à Strasbourg. Ce dont ils se tapent mais alors royalement... Mais j’apprends vite. Compte tenu de mon échec initial, je joue le jeu et m’enthousiasme pour des châteaux dont je ne connais rien, pour des hôtels situés dans des coins où il y a de fortes chances que je n’aille jamais et pour cette petite épicerie qui vend des truffes sublimes à Paris dont j’ai oublié le nom instantanément après l’avoir entendu.

Il est 1h du mat’. Je dois écrire sur le livre d’or. Anna me précède: « One of the most magical nights I’ve had in Bishkek ». Et ben. Je me dis qu’il ne me reste plus qu’à exagérer moi aussi: fabuleux, délicieux, inoubliable. N’ayons peur de rien.

« One of the most magical nights I’ve had in Bishkek ” ?!!!